Ilvy Njiokiktjien

Press Release

Communiqué de Presse

Le Prix CANON de la Femme Photojournaliste 2011 a été décerné par l’Association des Femmes Journalistes (AFJ) à Ilvy Njiokiktjien (Pays-Bas) pour un projet de reportage sur les adolescents afrikaners en Afrique du Sud.

Le jury s’est réuni à Paris le 1er juillet 2011. Il était composé de : Cyril Drouhet (Figaro Magazine), Magali Jauffret (L’Humanité), Delphine Lelu (Visa pour l’Image), Romain Lacroix (Grazia), Jean-Bernard Maurel (DirectSoir) et pour l’AFJ: Brigitte Huard, Catherine Lalanne (Pèlerin) et Florence Panoussian (AFP).

Le prix, doté par Canon France et soutenu par le Figaro Magazine, sera remis à la lauréate le 3 septembre 2010 à Perpignan, lors du 23ième Festival International de Photojournalisme Visa Pour l’Image. D'un montant de 8000 Euros, il est destiné à soutenir la lauréate dans la réalisation de son projet. Elle aura un an pour le mener à bien et son travail fera l'objet d'une exposition ou d'une projection lors du festival Visa pour l’Image 2011.

Le jury du Prix Canon/AFJ 2011 a décidé de soutenir la photographe Ilvy Njiokiktjien dans la poursuite de son projet sur les adolescents afrikaners en Afrique du Sud:

Depuis la fin de l’apartheid en 1994, la population blanche des Afrikaners a du mal à trouver sa place et à s’intégrer dans la nouvelle Afrique du Sud. Souvent précarisée, elle se replie sur sa langue, son histoire, sa culture et souvent sur ses idées racistes. L’insécurité qui frappe le pays et le taux de criminalité qui a grimpé les incitent à envoyer leurs enfants dans des camps d’apprentissage de l’auto-défense, dirigés par d’anciens militaires de l’apartheid. Ils y apprennent non seulement à se défendre mais se voient également insuffler un fort sentiment nationaliste afrikaner. Souvent, ces jeunes entrent au camp en croyant encore au changement et à l’intégration, avec du respect pour l’ancien Président Mandela. Quand ils en sortent, ils ont acquis la certitude de ne jamais pouvoir s’intégrer et de ne pas appartenir à l’Afrique du Sud.

La photographe a déjà suivi un de ces entrainements de neuf jours, sous la houlette d’un leader raciste. Elle a mis en lumière avec talent le paradoxe entre les visages enfantins des jeunes afrikaners et la dureté martiale de leurs entraînements. Elle va poursuivre son travail sur les groupes d’adolescents entrainés et endoctrinés et sur les leaders racistes qui les encadrent. Elle veut rejoindre un camp qui les fait tirer à armes réelles (AK-47), et les suivre dans leurs familles qui, parfois, ont prévu de rejoindre le maquis quand Nelson Mandela mourra…

Lien : Interview de Ilvy Njiokiktjien sur le site de Canon